Le rempotage

Par David Easterbrook

Le rempotage est l’une des tâches les plus importantes dans le processus de transformation d’un arbre en bonsaï. Lorsqu’on parle de rempotage, on pense avant tout à la taille des racines : opération qui contribue largement au processus de « nanification » de l’arbre et qui permet après quelques années de le loger dans des pots de faible volume.

Rempotage

Pourquoi rempoter ?

Les racines d’un arbre colonisent rapidement le volume qui leur est alloué, et elles ont vite fait d’épuiser toute la nourriture disponible. Au bout de quelques années, le développement des racines rend l’arrosage très difficile en raison de leur densité. Elles sont si serrées que l’eau a du mal à se frayer un chemin à l’intérieur du substrat ; ce qui a des effets directs sur la bonne santé de l’arbre. Vous n’avez alors qu’un seul recours : sortir l’arbre du pot et tailler les racines. Ce que nous voulons, c’est un maximum de radicelles, et ceci le plus près possible de la base du tronc, car ce sont celles-ci qui aspirent l’eau et les éléments nutritifs.

Par ailleurs, le rempotage permet d’améliorer le nébari (départ des racines conforme aux critères de l’esthétique du bonsaï). Un bonsaï qui présente un grave défaut à ce niveau, aura moins de valeur, même si le tronc et les branches sont bien formés. Il suffit de sélectionner et de placer les racines de telle façon qu’elles s’inscrivent dans un même plan horizontal et qu’elles soient réparties comme les rayons d’une roue. L’arbre ainsi préparé dégage une réelle impression de stabilité, qui joue un grand rôle dans la qualité d’un bonsaï.

Quand rempoter ?

La période idéale pour rempoter varie selon les espèces, mais aussi selon l’endroit où vous demeurez, car les températures peuvent variées énormément d’une région à l’autre. Il est donc assez difficile de donner des dates exactes.

D’entré de jeu, disons que la période la plus propice reste toujours le printemps, et ce pour toutes les espèces. Nous verrons un peu plus loin l’ordre dans lequel j’effectue mes rempotages et quelques particularités spécifiques à certaines espèces, mais de façon générale, on taille les racines et on rempote lorsqu’on commence à voir une activité végétative, peu importe l’espèce d’arbre où l’endroit. Certaines espèces peuvent être rempotées à l’automne à condition de les protéger du gel pendant l’hiver.

Rempotage

Quelques précautions avant de commencer.

N’arrosez pas votre bonsaï le jour du rempotage pour vous assurer que le substrat soit légèrement sec, car les racines gorgées d’eau sont trop fragiles. Il est primordial de protéger votre bonsaï du soleil et du vent pour ne pas que les racines ne dessèchent. Vaporisez-les régulièrement. Préparez vos pots et votre substrat avant de commencer.

Employez des outils bien affûtés pour vous assurer des coupes nettes et propres.

Les racines coupées, craignent l’excès d’eau qui peut amener une pourriture. On applique du baume cicatrisant sur les sections des grosses coupes.

Ne tirez pas sur le bonsaï pour le sortir. Passez un couteau bien aiguisé tout autour du pot pour décoller la motte. Répétez cette action jusqu’à ce que l’arbre se libère facilement en renversant le pot, ou en poussant sur celui-ci tout en tenant le bonsaï fermement par le tronc.

Fréquence des rempotages.

La fréquence de rempotage dépend de deux facteurs, soit : l’espèce de l’arbre et son âge. Lorsqu’un bonsaï arrive à maturité, il est rempoté moins fréquemment. Les experts considèrent qu’un bonsaï à feuilles caduques ou à feuilles persistantes arrive à maturité entre 30 et 35 ans tandis qu’un conifère atteint la maturité à 40/45 ans.

JEUNE ARBRE ARBRE MATURE VIEIL ARBRE
Arbres à fleurs et à fruits Chaque année Aux deux ans Aux deux ans
Arbres à feuilles caduques Chaque année Aux deux ans Aux deux ans
Conifères 3 à 4 ans 5 à 7 ans 10 à 15 ans
Arbres à feuilles persistant Chaque année  Aux deux ans  2 à 3 ans

 

Priorité de rempotage selon les espèces.

Les fruitiers (famille des rosacées) : début du printemps

Prunus mume – Abricotier du Japon : après la floraison mais avant l’éclosion des feuilles.
Chaenomeles – Cognassier : peut être rempoté en septembre à condition qu’il ne gèle pas.
Prunus cerasus – Cerisiers : immédiatement après la floraison.
Crataegus – Aubépine
Malus – Pommiers (Pommetiers)
Cotoneaster – Cotonéaster
Pyracantha – Buisson ardent
Eunonymus – Fusain
Les conifères de la famille des pinacées :

Pinus – Pins : Commencez par les pins indigènes et à 2 aiguilles, ensuite les pins à 5 aiguilles.
Picea – Épinette : Couper le moins de racines possible.
Abies – Sapin : Couper le moins de racines possible.
Tsuga – Pruche
Cedrus – Cèdre
Larix – Mélèze
Taxodium – Cyprès chauve
Metasequoia – Métaséquoia

 

Les arbres à feuilles caduques : en commençant par les plus précoces

Salix – Saule : S’ils ont déjà des feuilles, attendre 1 à 2 mois puis défolier et rempoter.
Acer palmatum – Érable du Japon
Acer buergeranum – Érable trilobé
Ulmus – Orme
Celtis – Micocoulier
Zelkova – Zelkova
Betula – Bouleau
Ligustrum – Troène
Tamarix – Tamarix
Tilia – Tilleul
Loropetalum – Loropetalum
Syringa – Lilas
Ilex – Houx
Carpinus – Charme
Camelia – Camélia
Lagerstroemia – Lilas d’été
Elaeagnus – Chalef épineux
Ginkgo biloba – Ginkgo
Punica granatum – Grenadier : attendre que les nouvelles pousses soient avancées.
Quercus – Chêne
Fagus – Hêtre

 

Les conifères de la famille des cupressacées : fin du printemps

Thuya – Thuya
Sequoia – Séquoia
Taxus – If
Podocarpus – Podocarpus
Chamaecyparis – Faux cyprès
Juniperus – Genévrier : Exceptionnellement, le genévrier commun doit être rempoté tôt le printemps, en même temps que les pins.

 

Les azalées

Rhododendron – Azalée : Les Azalées satsuki peuvent être rempotées immédiatement après la floraison ou au mois d’octobre si on peut les protéger du gel et leur fournir de la lumière.

 

Les arbres tropicaux : rempoter en juin

Ehretia – Thé de Fukien
Limonia – Limonia
Bougainvillea – Bougainvillée
Bucida – Bucida
Chloroleucon tortum – Arbre de pluie du Brésil
Murraya – Murraya
Gardenia – Gardénia
Ficus – Figier

 

Rempotage et écorce de pin compostée

Le Chabasai / Haydite combiné à l’écorce de pin compostée s’avère être le mélange dont les résultats sont les plus probants. Des expériences menées par David Easterbrook démontrent que l’ajout d’écorce est très efficace pour augmenter l’humidité du substrat, favoriser une mycorhize rapide et baisser légèrement le Ph du substrat. Cet amendement est un apport organique important car il ajoute de l’humus au substrat. Il est par contre primordial de le tamiser pour enlever la poussière.

Consulter le tableau de rempotage préparé par David, indiquant les proportions de chaque ingrédient, incluant les amendements, pour les différentes espèces, pour un emplacement très ensoleillé.

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