Fiche technique – Ginkgo

Ginkgo biloba

Famille : Ginkgoaceae
Nom botanique : Ginkgo biloba
Nom français : Ginkgo, arbre aux quarante écus
Nom anglais : Ginkgo, Maidenhair tree

Description

Le ginkgo est un arbre pouvant atteindre jusqu’à 15 mètres. Son tronc  gris foncé se fissure et se cannelle avec l’âge. Les feuilles présentent deux formes bien distinctes. Ses jeunes rameaux portent des feuilles partiellement divisées en deux formes dites flabelliforme, tandis que sur les rameaux plus âgés, elles ont plutôt la forme d’un éventail chinois (plant femelle) ou encore de deux lobes (plant mâle). Au printemps, la feuille est d’un vert clair, à l’été le vert devient plus foncé pour finalement prendre une teinte d’un beau jaune or à l’automne.

L’arbre est dioïque, c’est-à-dire qu’il y a des arbres mâles et des arbres femelles. Les chatons mâles portent de nombreuses étamines qui produisent une grande quantité de pollen. Les ovules femelles apparaissent à l’extrémité des rameaux. La floraison a lieu au début mai, mais peut varier selon les régions. L’ovule faussement appelé « fruit » est de la grosseur d’une petite prune de 2 cm de diamètre ; il est vert, puis jaune et dégage une odeur rance. Il est comestible.

Distribution géographique

Le ginkgo est originaire de Chine, bien qu’il ne semble plus exister de forêts de ginkgo en Chine. Les plus vieux spécimens se retrouvent prisonniers des temples. Il y a environ mille ans, il est passé en Corée puis au Japon, au début du 12e siècle. Du Japon il est passé en Europe, à Utrecht en 1730, puis en Angleterre, au Kew Garden vers 1750. Un premier ginkgo est planté aux États‑Unis, à Philadelphie en 1784. On trouve au Jardin botanique de Montréal plusieurs spécimens matures de belle taille. Enfin, le ginkgo est aujourd’hui répandu à travers le monde où il est planté dans les jardins et sur le bord des rues. On peut se le procurer dans quelques pépinières.

Notes historiques

L’ancêtre des arbres, l’arbre miraculé, le résistant, ces trois épithètes lui conviennent parfaitement. Tout d’abord, il apparaît sur terre il y a entre 180 et 200 millions d’années. Il a traversé le temps avec très peu de modifications. Il n’est pas le plus grand – le titre revient à un eucalyptus – ni le plus vieux – le record va au Pinus longaevus des montagnes de Californie, dont certains individus auraient jusqu’à 4000 ans – ni le plus gros car certains Taxosium mexicains ont une taille de 47 mètres de circonférence, mais il est le doyen de nos arbres par sa lignée. Il est d’ailleurs, non seulement le seul survivant de sa vaste famille, mais de son ordre, voire même de sa classe qui a peuplé tout l’hémisphère Nord et même l’Insulinde et l’Australie il y a 150 millions d’années.

Les Orientaux tirent du ginkgo une foule de médicaments qui guérissent aussi bien les maux de tête que les diarrhées et les rhumatismes.

Le ginkgo est aussi un arbre très résistant aux conditions les plus précaires : pollution atmosphérique des grandes villes, sécheresse, maladies, insectes. Certains auteurs croient que ses feuilles contiennent un insecticide. Les Chinois mettaient des feuilles de ginkgo dans leurs livres pour les protéger des insectes. On dit même que certains coléoptères japonais préfèrent mourir de faim plutôt que de manger ses feuilles.

Habitat

La zone d’habitat des ginkgos est très variée; elle va du climat semi-tropical au climat froid comme celui de Montréal.

Zone de rusticité : 5

Variétés ou espèces similaires

L’espèce, bien qu’unique, a donné naissance à plusieurs cultivars dont les principaux sont les suivants :
G. biloba ‘Pyramidalis’ : au port du type conifère;
G. biloba ‘Fastigiata’ : au port en chandelle;
G. biloba ‘Pendula’ : au port pleureur;
G. biloba ‘Laciniata’ : aux feuilles très découpées;
G. biloba ‘Varieqata’ : aux feuilles panachées;
G. biloba ‘Chichi icho’ : le terme chichi est japonais et signifie mamelon. Chez ce cultivar, il se forme sur la partie inférieure du tronc, des cals ayant la forme d’un bout de sein ou encore des stalactites; d’ailleurs les Chinois appellent ces formations « Zhonq-ru », qui signifie stalactite. Enfin, pour les Chinois et les Japonais c’est un cultivar qui possède des propriétés miraculeuses de fécondité pour les femmes.

Le ginkgo comme bonsaï

On ne peut pas dire que le ginkgo forme de beaux bonsaïs. C’est un arbre qui croît surtout en hauteur avec peu d’étalement. La forme habituelle est plus ou moins la forme balai, avec des branches plutôt verticales, formant un ovale. On peut aussi lui donner la forme Moyogi ou la forme Chokkan. Mais son intérêt réside surtout sur le plan de la grande beauté de son feuillage, particulièrement à l’automne, et de la longévité de l’espèce. Avoir un bonsaï d’une centaine d’années et plus est certes impressionnant, mais posséder dans sa collection un arbre dont l’ancêtre remonte à près de 200 millions d’années est hors du commun.

Emplacement estival

Le ginkgo aime le soleil, mais préfère un endroit semi-ombragé. S’il passe l’été en plein soleil, il perdra ses feuilles plus tôt à l’automne et elles seront moins dorées.

Emplacement hivernal

L’hiver, garder le ginkgo à l’extérieur dans une couche froide. Bien protéger le pot et les racines ou le placer en serre froide.

Arrosage

Il demande peu d’eau; il n’aime pas avoir les pieds dans l’eau.

Fertilisation

Le ginkgo est peu gourmand d’engrais. Fertiliser deux fois par mois de mars à juin, au moment de l’éclosion des bourgeons et de fin août à fin septembre avec un engrais organique de type Biogold.

Taille et pinçage

Taille légère pendant la saison de croissance. Éviter de couper de grosses branches au printemps et à l’été. Si la taille de telles branches s’avère nécessaire, il faut le faire quand l’arbre est en dormance. Une taille très sévère en saison de croissance peut entraîner la mort de l’arbre.

Ligature

Aucune ligature n’est nécessaire pour obtenir un ginkgo en forme de « flame » (style très fréquent chez les japonais). Cependant, pour obtenir un autre style, il faut ligaturer avec prudence, car le fil s’incruste rapidement dans l’écorce.

Rempotage

Pour les jeunes plants, c’est-à-dire jusqu’à 15 ans, il faut rempoter chaque année, au printemps avant l’éclosion des bourgeons. Pour un arbre plus âgé, il faut surveiller la motte de racines et rempoter au besoin, ce qui peut varier entre 2 et 3 ans.

Substrat

Le ginkgo n’est pas difficile, il se contente d’à peu près tout, mais il semble préférer un substrat bien aéré; il en a déjà vu d’autres. Il serait bon d’incorporer beaucoup de gravier au mélange habituel.

Consulter le « Tableau de rempotage » et utiliser les proportions pour les feuillus.

pH idéal : 6,5 à 7,5

Maladies

Le ginkgo est un arbre très robuste. Peu de maladies semblent l’affecter. Il est même résistant à la pollution atmosphérique.

Insectes

Aucun insecte ne lui est spécifique.

Multiplication

Les trois façons habituelles de reproduction, semis, bouturage et marcottage sont réalisables. Plusieurs auteurs recommandent le marcottage aérien tandis que d’autres affirment que le bouturage est impossible, ce qui est faux puisque j’ai moi-même réussi plusieurs bouturages. Il est préférable de pratiquer ces méthodes de reproduction au printemps juste avant l’éclosion des bourgeons. Il faut compter environ deux mois pour une formation importante de radicelles. Pour ce qui est des semis, la semence doit être stratifiée (entreposée au froid pour stimuler la germination), puis semée en février.

Pour différentes techniques de stratification, chercher : stratification des semences, sur Internet.

Rédaction : David Easterbrook –  révision 08-2014

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